Acheté en Janvier 2000, mon premier bateau est plus vieux que moi. 4 ans plus vieux. Mais il est en bon état général. Juste des détails à arranger. Un moteur à acheter aussi. Le safran à construire, les drisses à changer, du polyester à faire. Rien d’extraordinaire.

Tranquillou est un bateau très marin. C’est un Aloa 21 du chantier Seb Aloa Marine à Cannes, disparu au début des années 80. Un peu moins de 7 mètres, quillard, avec 350 Kg de lest pour un bateau de 900 Kg, il est raide à la toile. Avec son génois sur enrouleur à fort recouvrement, le près est loin d’être ridicule par rapport à des bateaux bien plus gros. Seule la grand voile est un peu fatiguée. Le creux très reculé oblige de ne pas trop border, et réduit sensiblement le cap.

Avec trois couchettes et un coin cuisine, nos premières nuits sur l’eau, d’abord au port, puis au Banc d’arguin ont quelques choses de magiques, même si les conditions climatiques ne sont pas aux mieux, m’empechant de dormir sur mes deux oreilles. Julie apprecie ces mouillages, on passe un super été, j’ai une résidence secondaire à Arcachon…

Peu d’endroits du bassin sont restés inexplorés, de Claouey à l’herbe, de l’ile aux oiseaux au fond du bassin, de Gujan à la Hume, de La Teste au Pyla, de la dune à la passe nord et la bouée d’attérissage, mais surtout le banc d’arguin au mois de septembre.

Ce sont des amis qui nous ont appelé pour nous annoncer les tragiques attentats du 11 septembre 2001. Nous étions coupés du monde, seuls trois voiliers étaient dans la crique cette semaine là.

Bien qu’un peu petit, tous mes amis sont venus passés quelques temps sur Tranquillou. A plusieurs, nous avons goutés aux navigations de nuits, aux retours de soirées un peu trop arrosées qui faisaient que Tranquillou tanguait exagérément … au port.
Le confort se réduit au strict minimum : un réchaud, un seau, des bouteilles d’eau, une batterie pour les lumières et la musique. On a mangé des pates, souvent…

D’autres projets plus lointains m’ont poussés à « prendre plus grand ». J’ai commencé à chercher un voilier plus grand, mais j’ai attendu d’acheter le successeur avant de vendre Tranquillou. C’est plus facile de s’en séparer si le remplaçant est déjà là. N’allez pas vous foutre de moi, mais on s’y attache à ces trucs là. Peut être parce qu’il m’a toujours procuré du plaisir, sans jamais me décevoir ni me trahir. J’arrive même à me demander pourquoi on veut toujours « plus », pourquoi on ne se contente pas de l’existant et que l’on va chercher des problèmes là où il n’y en avait pas avant ? C’est ce qui doit contribuer à faire avancer le monde…
Je souhaite aux nouveaux propriétaires d’excellents moments sur Tranquillou, et j’espère qu’ils lui rendront bien.

Bon vent Tranquillou…