Mon pauvre moteur de 403 est définitivement déclaré comme mort. Je garde l’inverseur, les silent-blocks, le filtre à eau de mer, l’arbre d’hélice avec son joint tournant à soufflet Elite Marine et la ligne d’échappement Vetus.
Après plusieurs salons nautiques et des heures sur Internet, mon choix se porte sur un moteur automobile que je mariniserais avec un kit du commerce. Dans le monde du diésel, Peugeot me semble le plus fiable, et compte tenu de la puissance dont j’ai besoin, je décide d’acheter un moteur de 106 diésel de 1,5L, bien plus moderne et plus léger (poids divisé par deux) que l’ancien moteur de 403.

Je trouve dans une casse un moteur d’AX 1.5D ayant 115000 Km. C’est un moteur TUD5 que l’on trouve sur les AX, les SAXO, et les 106. Je le paye 6000 Frs avec démarreur et alternateur neuf. Avant de commencer à le mariniser, je l’amène dans un garage afin de le réviser et de changer la courroie de distribution. C’était bien la première fois que quelqu’un leur amenait un moteur dans un coffre de voiture et que sur le formulaire, à « type de véhicule », ils ont marqué « Bateau »…

Ensuite, je suis allé à La Rochelle chez Seenergie pour acheter le kit de marinisation. J’avais rendez-vous à 14h et pendant deux heures, un technicien m’a expliqué sur un moteur de démonstration comment monter chaque pièce. Le kit est constitué du groupe de refroidissement, servant de collecteur d’échappement et d’admission, de groupe d’eau moteur et d’échangeur thermique avec un faisceau de tuyau en cuivre entre deux plaques de bronze dans lesquels circulent l’eau de mer. Puis, il y a les pièces d’accouplement entre le moteur et l’inverseur, soit une cloche en fonte d’aluminium, un volant d’inertie et un damper adapté à l’axe de l’inverseur. Enfin, j’ai acheté les 4 pieds moteur et la pompe à eau de mer en bronze. En tout, j’en ai pour un peu moins de 20000 francs. Il manque encore le faisceau électrique et les différents capteurs bipolaires (coque métallique oblige) et le tableau électrique. Je n’ai pas assez d’argent pour l’instant, je ferais moi-même un tableau rudimentaire.

De retour à Bordeaux, j’installe mon moteur et les pièces du kit dans mon salon, et je me mets au boulot. Les pieds s’adaptent assez bien, sauf un où il faut rajouter une cale de 10 mm. Le groupe d’eau est facile à poser, en utilisant de la pâte à joint et du frein-filet. Une sortie d’eau de refroidissement est à rectifier afin de passer derrière le groupe d’eau. Les durites sont assez physiques à mettre, et l’entrée d’eau est complétement à modifier. Du coup, le diamètre de la sortie de l’échangeur ne correspond plus à celle de l’entrée dans le moteur. Je suis obligé de mettre un bout de durite intermédiaire afin de rattraper le bon diamètre. Ensuite, il faut faire rectifier le volant d’inertie chez un tourneur afin de l’adapter au volant moteur qui n’a jamais exactement les mêmes côtes chez Peugeot. Enfin, les pièces d’accouplements se montent sans problème au frein-filet. La pompe à eau de mer est quand à elle à modifier car elle se monte à la place de la pompe à vide d’assistance au freinage (inutile sur un bateau…). En la montant, j’ai oublié de mater l’orifice de graissage, et compte tenu de la forte pression du circuit d’huile, je peux m’attendre dans quelques années à de petits suitements d’huile. Voila, le moteur est prêt, on le charge dans la voiture et à l’aide d’une grue, on le monte dans le bateau. J’espère que tout est OK. Je reste encore perplexe devant le circuit externe des durites restantes à monter et du circuit électrique à faire…