Le premier travail consiste à vider le bateau. Je commence par démonter tous les tasseaux qui servaient à tenir les vaigrages. Le bateau étant resté un mois et demi au fond de l’eau, il a récolté tout ce qui devait passer dans la seine à cette époque. En plus de la mousse d’isolation bleue en petits morceaux, je trouve derrière le réservoir des brindilles et une sorte de boue des plus tenaces. Mes seules armes sont pelle, balayette et patience. Il m’a fallu un week end entier pour vider la coque.

Puis je m’occupe du moteur. C’est un Indénor (Peugeot) que l’on trouvait sur les 403, 504, les J7 et autres voitures des années 70. La vidange m’inquiète un peu, il n’y a que de l’eau dans le moteur. Le cache-culbuteur dévoile une distribution qui commence à rouiller. Je n’ose pas imaginer l’état de l’embiellage. Puis je commence à le dévisser de son ber. Il pèse plus de 200 Kg. Je passe deux jours à le positionner pour son gruttage.

La grue arrive le samedi 12 janvier. En 20 minutes, le moteur est sorti et posé dans la remorque de chez Roland Marine. C’est une boutique de bateaux qui vient s’installer au nouveau port de Bègles, où je me trouve. Je dois être son premier client ici, son magasin n’est même pas terminé.

Le lendemain, karcher 130 bars pour finir de nettoyer l’intérieur. Je constate que le karcher électrique, avec eau froide et sans additif « super-décrassant » n’est pas très efficace. Le bateau est propre, mais une éponge avec du produit ménager de nettoyage donne un meilleur résultat. Je pense que lorsque le bateau a coulé, le réservoir de gasoil s’est vidé, le métal reste toujours gras.