Mes premiers congés payés depuis que Quasar est un voilier… Bon, ce sera bref, 3 jours posés, un 14 juillet, un RTT, le tout entouré de 2 week-end…
Les marées sont avec nous, départ samedi matin, écluse du bassin à flot à 9h30…
Sont de la partie : Thomas (un collègue), Hugo (un pote de Thomas), Sandra et Virginie (des copines, déjà largement initiées à la navigation). Nous sommes donc 5. Une fois les (nombreux !!) bagages chargés, on largue les amarres et c’est parti. Ecluse sans problème et gaz à fond, direction la pointe de Grave, le plus vite possible pour être le plus loin possible quand le courant se renverse. Grand beau temps, conditions typiques d’un bon thermique de NNO. Pourvu qu’il se lève le plus tard possible, car on l’aura dans le pif durant toute la remonté de l’estuaire de la Gironde…
Ben raté, thermique force 5, en plein dans le pif, dès midi… Et les conséquences qui vont avec : courant opposé au vent, gros clapot dur et serré…
A 15h, premier vomi de Hugo, début d’une longue et pénible série… Mais très propre… Couché sur la plage arrière, sans bruit ni odeur… Nous avons même mis au point un kit « après-vomi » : Bouteille d’eau identifiée et personnalisée, 2 feuilles de sopalin et 1 mentos à la menthe forte…
Après 10h de moteur, face au vent, dans ce clapot pourri, on contourne enfin la pointe de Grave. On se dit que l’on va enfin pouvoir profiter de ce bon vent pour descendre vers Arcachon, au portant et à bon train…
Ben raté (bis), le vent tombe totalement, mais nous laisse quand même une bonne houle croisé de trois quart arrière, bien gerbante… On range les voiles que l’on a sorti 10 minutes plus tôt, et nous revoilà sous moteur…Snif…
Sandra à son tour testera le kit « Après-vomi », juste après les pates bolognaises… J’espère que les poissons aiment, ils ont eu droit à plusieurs rations…
Une fois la nuit tombée, tout le monde s’installe confortablement, malgré l’humidité. A tour de rôle, tout le monde barre. Le ciel est sans lune, il est rare de voir autant d’étoiles… Le plancton fluorescent laisse une grande trainée verte lumineuse dans le sillage de l’hélice… Le spectacle est superbe. Je vais dormir un petit moment à l’intérieur vers 2h du mat’. A mon retour, 1h30 plus tard, j’offre moi aussi une petite ration de pates bolognaise aux petits poissons, bien que je ne suis pas malade : bizarre… Je prend la barre vers 4h du mat’, et un petit peu avant les premières lueurs du jour, le vent fait son apparition, force 3 de secteur NE. Nous naviguons enfin sous voiles à 5h du mat’, on coupe le moteur, ça fait du bien après 20h d’affilé.
La fin de nuit et le début de matinée se passent très bien, et nous amènent vers 11h30 à la passe Nord du bassin, que nous franchissons au moteur vu le peu d’eau présent sur les bancs de sable.
A 13h, nous sommes à l’ancre au banc d’Arguin, avec un bon cassoulet à la graisse d’oie dans l’assiette. Encore un bon test pour l’estomac…
Après mangé, direction le port d’Arcachon sous voiles. A hauteur de Péreire, un bateau de la gendarmerie nous aborde et nous prie de bien vouloir dégager la zone devant Arcachon, une démo de la patrouille de France va avoir lieu. Nous obtempérons immédiatement et contournons par le nord. Nous arrivons à mon corps-mort vers 16h, et là, déception : je dois avoir le corps-mort le plus mal placé du bassin, pile à la sortie du port, très loin du bord, avec une très grosse bouée en dur (fibres de verre) qui ne manquera pas de défoncer mon bateau lorsque le vent sera opposé au courant. Seule solution pour débarquer tout le monde, aller chercher le bateau à moteur de mon père dans le port d’Arcachon, en utilisant l’annexe. Jean m’accompagne et nous voilà parti à la rame, en plein milieu du chenal d’entrée du port, devant un public venu nombreux assisté au meeting aérien… Nous louperons l’essentiel des acrobaties de voltiges, occupés à trimballer l’annexe sur le bateau de mon père. Le déchargement de l’équipage sera sportif, le clapot à cet endroit du bassin est toujours très important. Le retour au port se fera dans un embouteillage digne d’une place de l’étoile un vendredi soir… Ca tranche avec la veille, seuls au large des côtes, avec à peine un ou deux chalutiers à l’horizon…
Merci à mes 4 équipiers, ce convoyage a été très sympa, malgré les conditions peu favorables, avec de nombreux apéros et de belles images de nuit, de couché et levé de soleil…

Mention spéciale à Jean et Lucie, totalement insensible au mal de mer, qui ont pu assurer l’approvisionnement régulier en apéro !!!

Dès le lundi, je prend mes quartiers d’été, je passe prendre Patrice et sa copine Lily au débarcadère du petit Piquey, direction le banc d’Arguin. Au programme, kitesurf sur le banc d’Arguin (malgré une interdiction totalement abusive), voile et glandouille…

Je souhaite mouiller dans la conche au centre du banc d’Arguin, mais ce « lac » artificiel n’est accessible via un seuil qu’à marée haute. Nous laissons Quasar à l’extérieur, et après avoir gonflé l’annexe, nous voila parti pour une session de kitesurf mémorable. Un bon 15 noeuds, sur un plan d’eau presque glassy, avec des sauts bien sympas dù à un air humide et très porteur. Etonnement, les gardes du banc d’Arguin ne sont pas venu nous virer. Il faut savoir que depuis l’année dernière, la Sépanso fait appliquer un texte interdisant la pratique du kitesurf sur le banc d’Arguin et à 1 mille autour de la ligne de plus grande marée basse. Vu le nombre du bancs de sable à marée basse, ça revient à nous interdire la pratique du kitesurf sur le bassin d’Arcachon. Le prétexte officiel est que l’on fait peur aux oiseaux. Avec un millier de plaisanciers lors des week-end de grandes affluences, et un bon paquet de jet-ski et autres bateaux à moteur, j’ai du mal à croire que nos quelques cerf-volants soient si nuisibles aux sternes et autres volatiles. On le constate bien d’ailleurs, les ailes de kite n’effraient pas du tout les oiseaux. Le prétexte officieu qui me parait bien plus plausible est le lobbying des plaisanciers, soucieux de ne pas être perturbés pendant leurs pique-niques sur le banc par des kitesurfers « inconscients » et pratiquant un sport « extrêment dangeureux » comme aiment le souligner les journaux locaux et autres parutions à « sensationnel »…

Bref, une session de kitesurf fabuleuse, sur un lieu très cher à mes yeux, que je respecte avec toute l’humilité qu’il mérite. Retour au bateau, la marée est maintenant suffisament haute pour entrer dans la conche. Le soleil commence à rejoindre l’horizon, les couleurs sont superbes. Nous passons le long des piquets de parcs à huitres. Au lieu de faire du kitesurf, on aurait dù repérer le chemin à suivre. On se gourre de quelques metrès et nous voilà planté avec de l’eau à la taille, à la pleine marée haute. Nous parvenons juste à faire pivoter Quasar vers le chenal, avant que la marée nous le pose définitivement…
Au moins, la nuit sera calme… Je consulte les horaires de marées pour savoir à quelle heure on pourra dégager le bateau le lendemain. Damned, les coefficients diminuent… 65 ce soir, 61, puis 58 le lendemain. Et en effet, au petit matin, à la pleine haute, il manque presque 20 centimètres pour commencer à faire bouger Quasar. Glups… Prochaine marée supérieure à 65, dans 9 jours… je sens venir les vacances, coincé sur le banc d’Arguin. Bon d’accord, il y a pire, mais je reprends le taf lundi prochain, et je n’aurais pas assez de vivre…

Alors, il nous prend une idée saugrenue : creuser autour de Quasar et un canal suffisament profond pour dégager le bateau à la marée de ce soir. Avec comme seules pelles les pagaies en plastique de l’annexe, nous creuserons un chenal de 20 mètres de long sur 2 mètres de large et 40cm de profond. Nous creuserons alternativement sous l’avant et sous l’arrière du bateau afin de le faire descendre suffisament. Un espoir supplémentaire, les hauteurs d’eaux prévues dans l’annuaire des marées sont plus hautes le soir que le matin, malgré un coefficient de marée plus faible. Vers 18h, l’eau commence à arriver, nous croisons les doigts, malgré les ampoules aux mains…
Un peu avant la pleine haute, Quasar commence à bouger. En effet, le niveau de l’eau est bien plus haut que ce matin… Je ne connaissais pas cette particularité.

Avec l’aide du guindeau et du moteur, Quasar commence à glisser. En moins de 5 minutes, le voila dégagé : OUF !!! Un grand merci à Arthur, qui a gaché une session de kitesurf et qui m’a un peu sauvé la fin de mes vacances !!!
On est tous super content, le ciel est magnifique, Quasar est mouillé dans 3 mètres d’eau… Je pars me faire une petite session de plongé… trop bon !!!

Le reste de la semaine sera bien tranquille. J’ai posé Patrice et Lyli au petit Piquey Mercredi en début d’après midi. Le soir, je reçois Francis du shop Technokite à diner. Mouillé devant le port d’Arcachon, nous avons droit à un feu d’artifice du 13 juillet aux premières loges.

Jeudi, après une partie de chasse sous-marine dans le fond du bassin dans une eau à 25°C où je n’aurais pas vu l’ombre d’un petit poisson, je passe chercher deux charmantes sirènes, Pauline et Nina, au débarcadère de la Vigne. Nous partons ensuite sur l’ile aux oiseaux. Au programme, balade, baignade, apéro, repas et feux d’artifices. L’endroit est idéal, nous assistons en même temps aux feux d’Andernos, Audenge, Biganos, La Teste et Arcachon. Le retour vers minuit est un peu compliqué. Du monde sur l’eau, aucune visibilité, et des piquets de parcs à huitres omniprésents. A l’aide du GPS interfacé sur un logiciel de cartographie sur le PC, mais aussi grâce à mes jolies équipières, le trajet nocturne se passe bien. A peine après avoir déposé mon équipage à la Vigne, je pars mouiller le bateau devant le port d’Arcachon, je suis attendu à une fête sur la plage du Petit Nice, l’enterremment de vie de jeune fille d’une copine… Si si, je suis aussi invité…

Le vendredi sera une journée « dans le paté », car couché à 8h30 du matin… Un peu de bricolage, entrecoupé de nombreuses siestes…

Samedi, aller/retour au banc d’Arguin, avec marées favorable et petit vent très sympa. A l’aller, mon équipage se compose de Caroline (une ex-futur femme de ma vie) et son père, très heureux de faire de la voile… Le retour vera l’équipage complété par Stéphanie et Gaël, d’autres amis du Pyla… Apéro tapas : saucissons, moules espagnoles, manzana, … Que du bonheur…

Enfin, dimanche sera une journée bricolage et mise en sécurité de Quasar. J’ai passé la matinée à bricoler le moteur de l’annexe, qui a une facheuse tendance à boucher son gicleur avec toutes les saloperies du réservoir. Nettoyage total du réservoir, découpe de chaines pour attacher l’annexe sous un ponton du port, recherche de cadenas et des clés qui vont avec. Puis je pars amener Quasar sur son corps-mort, compte tenu du coup de vent annoncé pour le lendemain. C’est un corps-mort très mal situé, très exposé et juste à la sortie du port. C’est à coup sûr l’endroit qui bouge le plus du bassin !!! Le mouillage est solide, pierre d’1 tonne, grosse chaine et deux énormes bouts d’ammarages. Mais la bouée n’est pas en caoutchouc. Elle est en fibre et est très grosse et lourde. Le vent étant opposé au courant, la bouée tappe violement sur le bordé babord de Quasar. Déjà au bout d’une heure, il n’y a plus de peinture sur l’arête du bouchain. Glups… Je n’ai pas le choix, c’est soit ça, soit à l’ancre. Vu le coup de vent annoncé, ça me fait mal au ventre, mais je laisse mon bateau se faire cogner. Il est prévu que mon corps-mort soit déplacé mercredi ou jeudi, j’en profiterais pour demander que l’on me change la bouée.
Les vacances se terminent, il reste encore quelques WE sympas à passer, malgré les (trop) nombreux mariages prévus cet été…
La suite très bientôt…