De retour au bassin à flots, à Bordeaux, j’ai quelques petits bricolages à effectuer, mais dans l’ensemble cette première saison de navigation laisse présager d’un bateau sain et fiable. L’hiver sera occupé à avancer les aménagements. Cloisons de cabines arrières, vaigrages arrières, isolation.

Je bute sur de nombreux problèmes techniques liés aux vaigrages. Je n’aime pas le lambris au plafond, je préfère un plafond blanc et uni. Je choisis alors l’option de plaques de contreplaqués peints en blanc, et vissées au plafond sur les tasseaux eux-mêmes vissés à la structure. Je dois absolument trouver un isolant permettant de bien plaquer les rectangles de polystyrènes extrudés contre la tôle. Après de multiples essais infructueux (isolant mince aluminium, mousse 30mm + cp 5mm, …), j’arrive à la solution offrant le meilleur compromis : Contreplaqué de 12mm (et oui, c’est vraiment très épais !!) et feuille de mousse polyuréthane de 20mm. En vissant, la mousse est légèrement comprimée entre le bois et le polystyrène, il n’y a plus d’air, donc plus de condensation, et le plafond ne pendouille pas lamentablement comme avec le cp en 5mm. J’ai 80cm entre deux structures, si le vaigrage n’est pas assez rigide, ça ondule…

Concernant le débat de savoir s’il faut ou non de l’air entre l’isolant et la tôle, j’ai constaté de la condensation lorsque les plaques ne sont pas en contact de la tôle, donc, pas d’air, malgré tout ce que certains autres constructeurs amateurs peuvent me dire.

Au rayon bricolage, j’ai terminé le circuit d’eau douce, avec deux réservoirs en plastique, un groupe d’eau et un vase d’expansion. Le circuit électrique est lui aussi terminé. Un répartiteur électronique de charge, un contacteur permettant d’isoler ou grouper les batteries (2x105Ah). Il reste encore pas mal de boulot de vaigrage : tours des hublots, cabines arrières.

Avril 2004, je sors le bateau de l’eau pour quelques petits bricolages. Je change le presse étoupe flottant qui m’inspire peu confiance au profit d’un Stopelo avec une baque en graphite frottant sur une portée en inox. Petit problème, mon accouplement Vetus (Type 6) ne veut pas se laisser faire. D’abord une goupille bloquée extraite à la perceuse. Puis la noix d’accouplement bloquée sur l’arbre. Après deux jours de boulot recroquevillé au fond de la cale moteur, je trouve enfin l’astuce qui me permet de la démonter. Je remplace l’hélice par une tôle d’acier de 20mm d’épaisseur. Je bloque deux crics hydrauliques de 6 tonnes de poussé entre le fer de quille et la tôle. En actionnant les crics, l’arbre d’hélice est tiré vers l’arrière, l’accouplement est alors en butée sur le tube d’étambot, la noix glisse enfin. Le remontage se fait sans problème.
Puis je m’occupe de la dérive qui a pris l’eau. Déstratification, ponçage et restratification. J’organise des apéros-dérive. J’ai comme ça de la main d’oeuvre pour m’aider à déplacer les 200Kg de la dérive.

J’installe aussi quelques passe-coques pour les WC et la pompe de cale.
Enfin, je constate des petites cloques sur tout le bordé tribord, sous la flottaison. J’ai du avoir un problème de condensation lors de l’application du primaire époxy. Il faut resabler et repeindre. J’opte ce coup ci pour un produit d’excellente réputation, le Métagrip du chantier Méta, à Tarare (69). M Fricaud m’a bien conseillé, le choix du Métagrip me semble judicieux, cela s’applique après le sablage, en trois couche au pinceau, et ça fait aussi office d’Antifouling. C’est un primaire inorganique au zinc silicaté. Fini les problèmes d’électrolyse avec les antifoulings au cuivre.

Quasar à sec, j’en profite pour modifier le safran, afin de dégager la plage arrière. J’augmente aussi la compensation afin d’avoir une barre plus douce.
J’espère pouvoir remettre Quasar à l’eau mi-juin au plus tard. Reste à trouver les finances…

Mercredi 2 juin, les conditions climatiques s’améliorent, le sablage est prévu pour ce matin. Je fais à nouveau appel à la société Décap Service, le sableur arrive avec 1,5 tonnes de sable, le compresseur de 90 cv et la sableuse. Midi pétante, c’est le casse croute du sableur, j’en profite pour commencer à peindre les parties déjà sablées. 13h reprise du sablage, 15h30 c’est fini, Quasar montre ses dessous.

Je termine l’application du Métagrip, pesé au gramme près à l’aide d’une balance électronique. J’utilise un pinceau plutôt qu’un rouleau, l’accroche est bien meilleure. Le Métagrip est très liquide, l’application est facile, le produit pénètre bien partout, il bulle sur le choupage, on sent vraiment qu’il y a une bonne cohésion de l’ensemble. Il faut à peu près 7 heures pour faire une couche au pinceau sur toute la carène, le plus dur, c’est sous le bateau, couché sur le dos, avec la peinture qui coule sur les bras et sur le visage. Jeudi 3 juin, 2 ème couche de Métagrip. Vendredi 4 juin, 3ème et dernière couche. Dimanche, je passive à l’aide de citrons (si si, le fruit) la zone de jonction avec l’ancienne peinture des oeuvres mortes et j’applique du Métadher afin de permettre de peindre par dessus le Métagrip. Je vais prolonger le polyuréthane vers le bas afin de redessiner la ligne de flottaison. On va me prendre pour un fou à frotter des citrons sur mon bateau…