Comme d’hab, départ au petit matin (9h30, ben ouais, c’est tôt pour un week end), écluse, et c’est parti…

Ca faisait quelques mois que Quasar n’avait pas senti les filets d’eau glisser sur sa coque… Quel plaisir de sentir à nouveau la barre vivre… Ce saut du puce jusqu’au banc de Plassac, entre Blaye et Pauillac n’est qu’une formalité. J’échoue Quasar sur le sud du banc de sable. En 1 heure, l’eau a complétement disparu autour de moi. Je descends par l’échelle de bain, et pose un pied sur la vase… Arrivé à mi-cuisse, mes orteils ne sentent toujours pas de partie moins molle… Bon, je remonte, et décide de passer par l’avant, histoire de gagner quelques mètres en direction du sable bien dur.

Pendu au nez du bateau, je ne touche que du bout du pied la surface de la vase, je suis obligé de sauter… Et là, surprise, je m’enfonce dans la vase, sans sentir que cela s’arrête. Genoux, mi-cuisses, enfin arrivé à l’entrejambe, je sens un sol plus dur me soutenir… Ouf !!!

Ce sera donc un bon bain de vase, sur 5 mètres jusqu’au sable… Dommage, à 5m près…

Vérification et grattage de la coque : tout va bien… vive le Métagrip…
Retour sur le bateau après avoir gambader joyeusement sur le banc de sable. Douche pour enlever mes chaussettes de vase séchées, bouquin, coussin, soleil, glandouille…

Vers 17h, l’eau remonte très vite, et Quasar reprend sa liberté. Direction Bourg sur Gironde, pour une petite escale où Othalia et ses parents m’attendent.

Belle navigation dans les méandres de la Dordogne, les 2 rives sont très jolies et sauvages. Il y a de chaque coté de belles maisons en pierre, de la vieille ferme du 19ème siècle au manoir entièrement restauré. Chaque maison au bord de l’eau possède son ponton privé. Le bonheur d’avoir son bateau au bout du jardin !!!

Passage des lignes hautes tensions, du port de Plagne, des 3 ponts de la Dordogne (Autoroute A10 et les 2 ponts Eiffel) avec une hauteur de 19 mètres, le port de Caverne, avec des voiliers à couple sur 3 rangées, de retour d’une régate sur l’estuaire.

En continuant vers Libourne, la côte devient encore plus sauvage, c’est vraiment une balade dans la campagne…

Arrivé à hauteur de St Pardon, célèbre lieu connu de tous les surfeurs Européen pour son Mascaret, les maisons voient leur terrasse donner directement au dessus de l’eau. C’est marée haute et je m’approche de gens à l’apéro pour demander un coin sympa pour passer la nuit. Ils me conseillent de me mettre à quai, sur le petit bout en dur à coté de la descente de mise à l’eau.
Un pécheur rembobine ses lignes et prend mes amarres. Je lui demande où je peux manger un morceau et il m’indique le « restaurant du port », juste devant le quai. Il appelle le patron du restaurant, qui m’invite à prendre table, pendant que les pécheurs me proposent de surveiller le bateau. Accueil très chaleureux, bien mangé, bien bu, la mère du patron me montre les photos du Mascaret et j’ai droit à l’histoire du célèbre mascaret de St Pardon, par la maitresse des lieux. Exceptionnel !!! Elle me raconte le mascaret avant les surfeurs, il y a 20 ans, puis les pionniers et les dérives actuelles. Le mythe du mascaret de St Pardon a passer les frontières, et c’est maintenant plus de 200 surfeurs à chaque grande marée qui envahissent les lieux. Avec les médias qui annoncent à chaque fois l’évènement, c’est plus de 2500 personnes qui saturent le petit village, bloquant l’accès à plus d’un kilomètre à la ronde.

Retour au bateau vers minuit, et sur les conseils des locaux, je vais mouiller Quasar sur l’autre rive, moins exposée à cette vague magique.
Bonne nuit de sommeil, réveil vers 6h du mat’ par les aboiements étranges des chiens. Je sors la tête par la descente, et je vois une vague, lisse, parfaite, de 80cm, remonter de façon surnaturelle le cours d’eau. Elle déferle sur la rive droite de St Pardon, mais beaucoup moins sur ma rive gauche, coté Fronsac.
J’ai vu le mascaret !!! Retour au dodo jusqu’à 10h !!!

Après un bon petit déj’, je mets les voiles en direction de l’aval de la Dordogne. Vent de face, c’est parti pour tirer des bords, bien aidé par le courant de jusant. A chaque virement de bord, à proximité d’une maison, les habitants sortent et me saluent avec respect et convivialité. Envie de m’arrêter à chaque ponton pour discuter avec tous ces gens…
Les enfants courent le long de la rive, pour m’accompagner le plus possible jusqu’au premier buisson leur coupant la route.
Le passage des 3 ponts est chaud : le renforcement du vent entre les piliers, les tourbillons dus au courant,le vent de face obligeant à tirer des bords et passer les ponts en diagonales…
Escale vers 13h au port de Plagne, où Denis m’attend pour prendre les amarres. Je l’invite avec sa famille à venir manger à bord, ils m’amènent foie gras, poulet roti, vin rouge, salade et fromage… Départ le ventre bien plein vers 16h, direction le bac d’Ambès.
J’arrive juste avant la renverse, sortie de la Dordogne, demi tour à gauche sur la Gironde, et je remonte la Garonne sous génois seul, dans 15 noeuds de vent bien établis.

Arrivé au ponton d’attente vers 19h30, 2 heures à attendre pour l’ouverture de l’écluse. Nous serons 7 bateaux à rentrer ce soir là. Une fois dans l’écluse, le pont tournant se bloque, nous sommes coincés une bonne heure. J’arrive enfin à ma place vers 23 heures. Amarrage, électricité, eau, passerelle, … Dodo à 1h du mat’…zzzzzzzzzzzzzzzzzz…