Pour ne pas détruire le travail de la veille, je commence par le « plafond », c’est à dire la partie horizontale du roof. Les opérations se font dans un ordre bien précis : Brossage à l’aide d’une meuleuse équipée d’une brosse métallique à fils torsadés, dépoussiérage à l’aspirateur puis au chiffon, dégraissage à l’acétone, application de la peinture dans les angles au pinceau et enfin application de la peinture sur les parties plates au rouleau laqueur. J’utilise une peinture que je fabrique à partir d’un tiers d’antirouille Rustol Owatrol et deux tiers de laque à base de résines alkydes de couleur blanche.

Grâce au Rustol, la surface se met à buller, en réaction avec le support légèrement oxydé pour chasser l’air des pores du métal. En dix minutes, la peinture se tend et s’autolisse pour laisser un fini d’une grande qualité, superbe aspect qui ne sert à rien car aucune partie métallique ne sera visible à l’intérieur, condensation oblige. On se dit juste que si c’est beau, ça tiendra longtemps sans avoir à démonter les aménagements tout les quatres matins…

Petit bout par petit bout, les peintures avancent et commencent à gagner sur la crasse et les parties pelées. Après le plafond, vient les hiloires de roof, le pont avant et le cockpit, les bordés et enfin les fonds, pauvres fonds qui ramassent poussières et peintures depuis plusieurs semaines sans même un petit nettoyage ou dérouillage. Mais avec 6mm d’épaisseur, ils ne craignent pas grand chose, heureusement.
Dimanche 24 février, j’ai terminé la deuxième couche du plafond du roof et du tour des hublots. Sacré travail de protection car il y a 14 hublots rien que sur le roof (5 de chaque coté et 4 devant).
Dimanche 3 mars, le coté babord est poncé et peint du roof jusqu’au premier bouchain.
Dimanche 10 mars, pareil mais coté tribord. Les deux jours s’enchaînent de la même façon : samedi ponçages et préparation, dimanche dépoussiérage et peintures.

Dimanche 17 mars, tout l’avant du bateau est terminé (2 couches).

Toutes les soudures pour la baille à mouillage sont faites. Le tube de chaine est déplacé et raccourci afin de gagner en volume dans la cabine avant. La perceuse n’a pas résisté à un perçage d’un trou de 63mm de diamètre dans une tôle de 3mm d’épaisseur. Je remercie les garanties de fonctionner correctement.

Le guindeau est fixé par vis/écrous sur deux supports en acier 6mm comme les winchs. Tous les périphériques nécessitant une soudure ou un trou sur la coque doivent être prévu avant la mise en peinture définitive. Cela concerne les anodes en zinc à souder, les trous pour le sondeur/loch et l’évacuation du lavabo de la salle de bain. Il y aura un WC chimique car les nouvelles législations interdiront très prochainement le rejet des eaux noires en mer. On assumera aussi le choix de ne pas mettre de douche dans la salle de bain. Sous les tropiques, un simple réservoir sous pression à pompe sur le pont suffira bien. Et puis ça évite les risques de fuites et les problèmes de récupération car mon bateau n’a pas de puisard.

Dimanche 24 mars, l’intérieur du bateau est entièrement poncé, reste juste à appliquer le brai epoxy dans les fonds.
Week end de Paques, 3 jours de boulot, toutes les peintures intérieures sont finies, en deux couches, du sol au plafond. Tout ce qui est à souder est soudé. Voici le bilan de cette étape de ponçage et peintures de l’intérieur de cette coque de 11 mètres :

  • 2 meuleuses d’angles, la première s’étant cassé les dents de transmissions en tronçonnant les 60 tiges filetées de 20mm,
  • 2 perceuses, la première étant envoyé à la casse pour cause de moteur grillé,
  • 7 brosses métalliques à fils torsadés, usées jusqu’au bout, à 100 balles pièces,
  • 7 litres de résines alkydes Tollens Rotoll blanche brillante, à 130 francs le litre,
  • 2 litres de rustol owatrol, à 100 francs le litre,
  • 15Kg de brai époxy HS noir, à 70 francs le kilo, directement acheté à l’usine (Atomlac à Villenave d’Ornon),
  • 160 heures de ponçages/brossage (95% de peintures instables et 5% de rouille superficielle),
  • 20 heures de peinture, soit 2 couches sur 130 mètres carrés de coque plus structure,
  • 1 aspirateur industriel et un bon paquet de sacs,
  • 2 masques de protection des yeux et 6 masques filtrants pour respirer,
  • 80 baguettes de soudures pour terminer toute la chaudronnerie,
  • de l’eau, des sandwichs, du papier essuie-tout, et un bac à douche chez moi qui ne s’en est pas remis.