Le mat est commandé le 18 février chez SOROMAP à La Rochelle, je le recevrais fin avril. Mon choix s’est porté sur un mât légèrement plus grand que les préconnisations de l’architecte, soit 13m50. J’ai choisi un gréement à deux étages de barres de flèches, permettant de passer à une section un peu plus légère, ce qui est important sur un dériveur intégral. 40 kilos à 15 mètres au dessus de la flottaison, c’est plusieurs centaines de kilos de lest en plus.
La section sera donc d’environ 6 kilos au mètre. Le gréement dormant (haubanage) est le suivant : deux galhaubans (les grands sur les cotés qui vont de tout en haut à tout en bas), deux inters (de l’étage de barres de flèches du haut à tout en bas), deux bas haubans (de l’étage de barres de flèches du bas à des cadènes reculées), un bas étai (de l’étage de barres de flèches du bas à une cadéne 1m60 devant le mât), un étai (d’en haut à l’étrave), un étai larguable partant de quelques dizaines de centimètres du haut du mât à une cadène située 1m60 en arrière de l’étrave, et enfin un pataras partant en patte d’oie à l’arrière.

L’étai larguable permettra de tenir une petite voile d’avant dans le vent soutenu, mais aussi d’économiser sur le génois grâce à une trinquette ou un solent. Le génois sur enrouleur pourra alors être à grand recouvrement et d’un grammage plus léger. De plus, il sera possible de combiner les deux au portant, c’est à dire le génois d’un coté, et la trinquette de l’autre, le tout tenu par deux tangons. Cela permettra de naviguer « tiré par le museau », sans grand voile et sans spi.

D’un point de vue accastillage, j’opte pour le retour des drisses au cockpit, sauf l’étarquage des voiles d’avants car de toutes façons, il faut aller à l’avant pour les endrailler. La grand voile comportera trois ris avec prise de ris continu. Je ne veux pas de chariots dans ma bome, c’est un bordel inutile et source de souci. J’hésite encore pour les chariots de lattes à la place des coulisseaux classiques. Je pense commencer avec le système classique et ajouter un rail par la suite, c’est très facile. Puis il y aura un hale-bas classique, un lazybag, deux echellons en tête de mât pour bricoler tranquille là haut, un feux triwhite, une antenne VHF, un anémo/girouette et un radar. C’est très difficile lorsque l’on passe commande de penser à tout ce qu’il faut sur la mât. Il faut que je pense à tous les coinceurs, tous les endroits de sorti de drisse, le nombre et la place des poulies de pied de mât. Je vais surement en oublier et je compte sur les conseils de l’accastilleur.

Avril 2003 : L’ingénieur de chez Soromap est passé effectuer le relevé de cadènes à l’aide d’un théodolite de géomètre. Le pied de mat fait pile poil la taille de la contre-plaque sur le roof. En attendant, j’ai construit un portique en inox afin de poser les antennes (VHF, GPS, TV, FM) et le panneau solaire. J’ai utilisé un bimini acheté d’occasion, que j’ai emmanché sur des tubes que j’ai fait couder à 20 degrés. Un voisin au port est passé faire les soudures sous argon.

Le portique m’a permis de poser les filières, j’ai acheté une perceuse à colonne afin d’effectuer les trous de passage des filières. Quasar ressemble maintenant à un ring avec ses deux hauteurs de filières blanches. Entre temps, un voyage à La Rochelle chez Seenergie m’a permis d’acheter le tableau de bord du moteur, ainsi que le faisceau bi-polaire. Une forêt de fils… Profitant du voyage, j’ai déniché un foc de Gibsea 41 tout neuf au puces de mer. J’ai toutes les voiles pour faire mes premiers ronds dans l’eau.

Concernant le lest, un visiteur du site m’a contacté pour me proposer des lingots de plomb de son bateau, car il arrête les travaux vu l’ampleur de la tâche. J’ai ramené 930 kilos de lingots avec le C15 et une remorque depuis Port Leucate, en Méditérannée. Les montées sur l’autoroute se négociaient difficilement à plus de 60, mais le plomb est bien arrivé. J’ai embauché ma mère pour une corvée de nettoyage du plomb, recouvert de gasoil issu du réservoir du bateau « donneur ». Entretemps, j’ai sorti les 1600 kilos déjà présent dans les fonds de Quasar, j’ai nettoyé et étanchéifié la partie recevant le lest, puis j’ai noyé les lingots à l’aide d’une résine à l’eau. Il s’agit d’une résine polyester qui se mélange à raison de 50/50% en poids à de l’eau du robinet. A l’aide d’un mélangeur sur une perceuse, on émulsionne la mixture, à laquelle on ajoute 0.1% d’amines et 1 % de catalyseur (péroxyde de benzène). Un contact trop brutal des amines et du catalyseur, et c’est l’explosion…Brrrr
Le mélange, très liquide, se verse à l’aide d’un seau, et la gélification s’obtient en 20 minutes. En une heure, les lingots sont collés dans les fonds, et le très faible retrait de la résine fait que l’étanchéité est excellente. la polymérisation est très peu éxothermique, le revêtement époxy/brai des fonds n’est pas altéré. Par contre, j’ai eu 3 jours de courbatures après avoir manipulé dans les deux sens 2200 kilos de plombs.

L’arrivée du mât initialement prévue le samedi 26 avril, a été repoussé au lundi sans que je sois averti. J’ai poirauté tout mon samedi pour rien, je n’osais rien entamé, de peur de devoir m’arrêter pour décharger le mât du camion. Lundi 28 avril, 9 heure, le semi-remorque arrive avec mon mât bien emballé. A quatre, le mât est vite posé sur Quasar, et commence un déballage méthodique. A l’aide de sangles, j’ai positionné le mât sur son « dos » afin de visser les barres de flèches. Puis j’ai monté les haubans et j’ai essayé d’organiser cette amas de câbles inox afin de faciliter le mâtage prévu pour le lendemain.

Mardi 29 avril, levé 6h30, je prépare les haubans, je monte l’antenne VHF, la girouette, et en compagnie de Jocelin un pote et Jean Baptiste Lecointre de chez Soromap, on attends la grue prévue à 8h pile.

8h20, toujours pas de grue… J’appelle la société de gruttage, mais je tombe sur un répondeur. Je décide de prendre la voiture pour aller directement au « nid des grues ». Le patron vient d’apprendre que son gruttier vient d’avoir un accident de voiture, et m’annonce qu’il n’y a plus de grue dispo. Il parvient tout de même à dérouter une énorme grue en partance pour un chantier. Lorsque je reviens au bateau suivi du monstre, la surprise est de taille. Une grue de plusieurs dizaines de tonnes de capacité pour un mât de 100 kilos tout mouillé, c’est un peu surdimensionné. Rapidement, le mât est en l’air, puis posé avec précision sur son emplanture. Commence alors la pose des haubans sur les cadènes, et comme je le craignais, le pataras est trop long d’une bonne dizaine de centimètres… On l’assure à l’aide de la balancine et de la drisse de GV afin de libérer la grue. Soromap va modifier les deux cables de la patte d’oie, et peut être son logiciel de calcul des longueurs de haubans…

Pour en rajouter un peu, j’ai oublié de serrer l’antenne VHF, et M. Lecointre a foiré la tige coincant le galhauban sur la barre de flèche du haut. J’ai quelques heures de boulot perché à 16 mètres au dessus de l’eau en perspective…
Fin de semaine, je reçois les pièces manquantes et je termine les réglages du mât.